Moi, j’aurais aimé qu’il vive davantage que le temps d’une journée. J’aurais aimé tricoter un petit bonnet
blanc, comme j’avais vu le faire ma grand-mère à chaque naissance dans la
famille. J’aurais aimé observer la corolle délicate de ses oreilles et caresser
le duvet blond sur son front. Je lui aurais prêté Pompon, petit âne pour lui apprendre à lire avant tout le monde.
Avec ma sœur, il y aurait eu quelques embrouilles. Des jalousies vite oubliées.
Trio fraternel, à la vie à la mort, avec piqure au bout du doigt pour partager
notre sang. J’aurais aimé rire de ses bêtises et puis le consoler. J’aurais
préparé, c’est sûr, les gâteaux de ses anniversaires, lui promettant qu’un
jour, il aurait le même âge et que l’on serait alors jumeaux. J’aurais aimé
qu’il m’interroge pour une coupe de cheveu ou une coupe de jean. Je lui aurais
dit : il faut, tu devrais, je te conseille et il aurait claqué la porte.
Il m’aurait fait danser en début de soirée avant d’inviter d’autres filles. Et au
bout de la nuit, dans la cuisine, on aurait picolé en cachette jusqu’à
plus soif, en partageant nos secrets, les vrais et puis les autres. J’aurais
été fier de dire mon frère, mon frérot, mon frangin, my brother, mon frelot,
François.
J’aurais aimé être un peu sa seconde mère, un peu son amie et tout à fait sa sœur.
J’aurais aimé être un peu sa seconde mère, un peu son amie et tout à fait sa sœur.
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