Il a brûlé ses
doigts. Brûlé sa carte. Brûlé son identité. Il brûlé ses doigts à la flamme
d’une bougie, sans un cri. A la flamme de la bougie, il a brûlé ses empreintes,
son passé, sa patrie aussi. Il a brûlé sa mémoire vive pour repartir sans
histoire. Repartir à zéro dans un pays nouveau. Chaque doigt de sa main a
enflé, cloques jaunâtres qu’il perce avec une aiguille chauffée à la flamme de
cette même bougie qui l’a brûlé. Un liquide un peu collant suinte. Patience.
Une peau rose, neuve, lisse comme celle d’un nouveau-né va apparaître. Angoisse
de ne pas retrouver toute sa
sensibilité avec cette peau neuve. Une peau sans mémoire, sans passé.
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