jeudi 19 août 2010

Le balcon végétal

Son balcon ressemble à un jardin suspendu. Gerbes immaculées d’amaryllis, massifs de bégonias, pompons bleu et rose d’hortensias, bouquets de plantes aromatiques, clochettes vert-tendre des tomates-cerises qui peinent à mûrir… Comme je n’ai pas la mémoire des chiffres, je ne me souviens pas du montant de l’ardoise laissée par mon voisin chez Truffaut mais il m’a semblé astronomique. Sans compter l’installation électrique d’arrosage destinée à ce que son balcon fleuri ne ressemble pas à un cimetière à chaque retour de reportages. Également fort onéreuse, cette installation est d’ailleurs restée dans l’emballage, mon voisin lui préférant le concierge pour arroser ses plantes et leur susurrer les mots secrets des jardiniers.
Quand on prend l’apéro chez mon voisin, il faut se ménager un petit espace entre les épines du rosier et les feuilles coupantes du palmier mais une fois installé un verre de rosé à la main, dans la semi-pénombre offerte par des éclairages indirects, il faut l’avouer, on est bien.
Or depuis quelques jours mon voisin est inquiet. Un pigeon a construit son nid sur le balcon, plus grave encore, l’oiseau a pondu deux œufs. Non seulement, le pigeon massacre copieusement tous les jours ses marguerites et ses dahlias mais les apéros nocturnes sont désormais prohibés par respect pour le maternage du ramier. J’ai bien évoqué la possibilité de régler le problème en omelette… Sans succès Et puis ce matin, quelques minutes d’émotions : les oisillons sont nés. Mon voisin est heureux.

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