Marcher sur la corniche de Beyrouth, à l’aube, vers un
ciel poudré rose et or.
Marcher dans le sable humide du Touquet, l’œil rivé aux
gros nuages gris et globuleux surplombant l’horizon liquide.
Marcher sur le glacier bleuté des Ecrins, entendre le
crampon crisser et le craquement des blocs immaculés.
Marcher dans le sable léger vers Chinguetti, ses
bibliothèques naufragées. Accoster la dune puis la dévaler, ivre de vent.
Marcher les yeux embués de sommeil au petit matin sur le
pont de la gare du Nord.
Marcher sur les quais d’une Seine boueuse,
engluée dans une nostalgie infinie. Attendre que la succession des pas allège
un peu ce poids.
Marcher en forêt de Chantilly, au sein d’un groupe
compact qui s’effiloche au fur et à mesure de la promenade. Marcher en
conversant puis s’échapper loin devant, dans une semi-solitude.
Marcher à deux n’importe où, paume à paume, épaule contre
épaule. Former une cellule mobile, rieuse, amoureuse.
Marcher et se caler sur son rythme intérieur.
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