dimanche 23 décembre 2012

Marcher


Marcher sur la corniche de Beyrouth, à l’aube, vers un ciel poudré rose et or.
Marcher dans le sable humide du Touquet, l’œil rivé aux gros nuages gris et globuleux surplombant l’horizon liquide.
Marcher sur le glacier bleuté des Ecrins, entendre le crampon crisser et le craquement des blocs immaculés.
Marcher dans le sable léger vers Chinguetti, ses bibliothèques naufragées. Accoster la dune puis la dévaler, ivre de vent.
Marcher les yeux embués de sommeil au petit matin sur le pont de la gare du Nord.
Marcher sur les quais d’une Seine boueuse, engluée dans une nostalgie infinie. Attendre que la succession des pas allège un peu ce poids.
Marcher en forêt de Chantilly, au sein d’un groupe compact qui s’effiloche au fur et à mesure de la promenade. Marcher en conversant puis s’échapper loin devant, dans une semi-solitude.
Marcher à deux n’importe où, paume à paume, épaule contre épaule. Former une cellule mobile, rieuse, amoureuse.
Marcher et se caler sur son rythme intérieur.

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