Je la fais surgir n’importe où, n’importe quand,
immédiatement.
Je ferme les yeux, elle se découpe dorée, sur un pan de
ciel bleu.
Je vois ses arrêtes aiguës, j’entends son nom resté mystérieux :
La Dibona.
Elle impose 1131 mètres d’altitude, sereine, enracinée dans
une forêt de sapin, sa cime solitaire se hissant vers le soleil, minérale et
nue.
Elle m’habite massive.
Masculine, féminine
Elle rassure, elle inquiète.
Je la sollicite dans le vacarme urbain, dans l’angoisse de la nuit, au creux de mes rêves.
Je la sollicite dans le vacarme urbain, dans l’angoisse de la nuit, au creux de mes rêves.
Ma pensée la contourne, s’attarde sur une mousse
argentée, le duvet blanc d’une edelweiss, un bouquet de gentiane. Ou alors je
la survole comme ces choucas noirs et inquiétants qui logent dans ses
infractuosités.
La Dibona résiste aux pluies, à la neige, au vent. Les éléments
n’ont jamais eu prise sur sa chair de pierre. Eternele, fidèle, convoquée aux
jours de joie, aux jours de peine, hier et demain.

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