L’excitation monte dans les rues de Santiago, dès le début de l’après-midi. Robes à volants, jeans moulants, mocassins, sandales… On s’habille derrière les volets mi-clos.
Claves, Bongo,
des bribes de percussions s’élèvent depuis l’esplanade. Des grappes de filles
et de garçon convergent vers l’immense espace de terre battue. Ça sent la
poussière, le rhum et la sueur.
Une main te
happe, t’attrape, te fixe sur son torse humide. La nuit, cubaine est douce,
mais la danse est violente. Tu sens que ça monte au creux de ton ventre. Encore
plus vite. Ça tournoie autour de toi. Un autre bras te happe, t’attrape, te
fixe dans une rueda aux allures de sarabande. Garder le rythme, tourner plus
vite. Toute la ville danse. Jeunes hidalgos et vieux tout ridées, putes et
fillettes. Toute la ville se fond dans un même chant, dans une même folie. Et
puis plus tard, les corps fourbus et las vont s’affaisser par couple sur les
bancs. Jusqu’au petit matin, une autre danse commence.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire